Lindwood Barclay roi des thrillers familiaux

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Lindwood Barclay roi des thrillers familiaux

Avec Fenêtre sur crime, clin d’œil à Fenêtre sur cour d’Alfred Hitchcock, Linwood Barclay confirme son statut de nouveau poids lourd du thriller américain. Il y met en scène un autiste et son frère qui découvrent qu’un meurtre a été commis au moment où un site du type Google Streetview prenait la rue en photo. Interview.

Bouquiner.net : Dans Fenêtre du crime, un des personnages est autiste et obsédé par les sites de cartographie. Quelles sont vos obsessions ?
Linwood Barclay : Je ne crois pas être obsédé par quoi que ce soit, je suis plutôt quelqu’un d’anxieux. Je suis toujours en train de réfléchir sur comment les choses pourraient finalement échouer. Je suis toujours un peu inquiet. Je ne suis pas quelqu’un comme Thomas qui va avoir une obsession qui rythme sa vie. Par contre j’ai des hobbies, comme les trains miniatures.

Le lieu du crime, est un appartement à New York. Etes vous allé là-bas ou avez vous fait un repérage virtuel via internet ?
Je ne suis pas allé dans le quartier faire des repérages. Pour les besoins du roman je les ai fait comme mon personnage. Ces promenades dans les villes je les ai faites sur Google. En revanche je suis allé plus tard vraiment dans ce quartier où j’ai vu la fenêtre qui déclenche tout. J’y suis allé avec mon fils qui est la personne qui fait les trailers pour mes livres sur mon site internet.

Avez vous eu des remarques de Google lors de la sortie de votre livre ?
Dans le livre je n’ai pas utilisé le nom de Google Street-view, moi je l’ai appelé whirl360 parce que je savais que dans le livre que j’allais me rendre dans le siège de la dite société et tuer des gens donc je ne voulais pas que ce soit Google. Mais il y a une anecdote sympa à ce sujet. Dans Dr Sleep de Stephen King, la suite de Shining, il y a un des personnages qui utilise un site de ce genre. Stephen l’a appelé whirl360, et quand je l’ai rencontré il ma demandé si j’avais remarqué la référence. Bien évidemment que je l’ai remarqué ! J’en étais même flatté.

Vous aimez bien terminer vos romans par une pirouette, est ce que c’est prévu ou vous laissez vous emporter par votre écriture ?
Je sais toujours dès le début comment je veux finir mes livres. Ce retournement il était là dès le début. Quelques fois ça dépend de comment vous allez présenter la chose, comment vous allez l’écrire finalement. Quelque fois, vous pouvez avoir une idée au cours de l’écriture qui est meilleure que ce que vous aviez prévu au départ. Mais en générale ce n’est pas le cas. Ce qui m’intéresse plus peut être que le retournement c’est de finir mes livres avec une fin qui soit émotionnellement forte. Je crois qu’il n’y a pas de raison que les thrillers ne soient pas aussi des livres qui vous touchent profondément émotionnellement.

Etes vous tenté d’écrire autre chose que des thrillers ?
Non parce que j’adore écrire des thrillers. J’ai besoin d’une intrigue qui soit forte. J’aime cette idée d’une intrigue qui fonctionne comme la colonne vertébrale d’un livre. Et puis ce n’est pas parce que on écrit un livre de genre, un thriller ici, qu’on ne peut pas mettre d’autres ingrédients. Ce qui m’intéresse c’est qu’on dise avant tout que c’est un bon livre.

Et puis mes éditeurs ne m’ont pas encore demandé d’écrire autre chose que des thrillers.

En revanche, si on parle de faire quelque chose de différent, j’ai une idée en tête. J’aimerais beaucoup écrire un thriller sous forme de trilogie qui soit destinée aux jeunes lecteurs, les 9 - 13 ans. Ca pourrait leur donner envie de lire, parce que souvent ils sont extrêmement réticents à la lecture. Je ne sais pas si je vais avoir le temps, parce que mon programme reste d’écrire un thriller par an.

Pensez-vous qu’il faille s’identifier à vos personnages pour aimer vos livres ?
Je ne crois pas que ce soit nécessaire. En même temps c’est vrai que dans mes livres, mes personnages sont des gens ordinaires, ce ne sont pas des policiers ou des espions, et je crois que les lecteurs peuvent s’identifier à ces personnages. Les gens peuvent se dire que ce qui arrive au personnage peut leur arriver aussi.

On parle de thriller familiaux, ca vous plait ou pas ?
Oui j’ai entendu ça aussi. Je n’avais aucune conscience que ce genre existait, je me fiche un peu de ces classements. Tant que les gens aiment ce que j’écris, qu’ils y prennent du plaisir, et que moi aussi je me fiche pas mal de la catégorie dans laquelle on me met.

Maintenant que vous avez du succès en France et que vous y venez un peu plus souvent, allez vous écrire une histoire qui se passe en France ?
C’est une bonne idée, ce qui me retient c’est que je ne me sens pas assez confiant de la connaissance suffisamment juste que je pourrai avoir de l’endroit. Et puis je n’arrive pas à prononcer correctement les traductions de mes propres titres alors je vais attendre encore un peu.

Fenêtre sur crime
Linwood Barclay
Ed. Belfond
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Publié dans Romans, Interviews

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