Des lucioles pour l’été

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Des lucioles pour l’été

Rencontre avec Gilles Paris, qui nous parle de son dernier roman, L’été des Lucioles. Victor, neuf ans, passe ses vacances avec sa mère et la compagne de celle-ci, à Cap Martin, le long d’une côte parsemée de somptueuses villas, propres à satisfaire l’imagination d’un enfant. Un roman emprunt de poésie et de nostalgie.

Bouquiner.net : Un nouveau roman à travers la voix d’un enfant
Gilles Paris : Oui c’est mon quatrième roman où le narrateur est un enfant de 9 ans, et ce pour plusieurs raisons. La première c’est qu’à 9 ans les enfants ne jugent pas, ils essayent de comprendre. Plus on grandit plus on a des avis un peu tranché. Des opinions un peu toute faite, on réfléchit moins que lorsque l’on était enfant, on pose moins de question même si on a toujours autant envie d’en poser autant, on les pose plus a voix basse ou dans sa tête. Ce questionnement que l’enfant de 9 ans a en lui en permanence et cette naïveté, dans le bon sens du terme, cette ouverture vers les autres me plait beaucoup.

La voix d’un enfant dédramatise les choses et les rend acceptable.

Ca te permet de prendre de la distance, mais il y a un thème fort qui est la présence du père.
Ce qui est drôle sur la présence du père, c’est que dans mon premier roman le père meurt dans un accident, dans le deuxième le père et parti, dans le troisième il est pas vraiment en forme, il est dépressif mais il a une relation extrêmement forte avec son fils, et dans le quatrième il a ce qu’on appelle le syndrome de Peter Pan, il refuse de grandir et on saura pourquoi sur la fin du livre.

J’aimais bien cette idée parce que je pense à la parité dont on nous parle énormément. Je trouve que les femmes on prit le devant de la scène, elles font un tellement grand nombre de choses, alors que nous on a extrêmement régressé, et donc j’avais envie d’un de ces pères qui est un peu largué par tout. Mais c’est un homme plutôt attachant, on ne lui en veut pas, refuser de grandir a un coté plutôt attendrissant. Ce que j’aime à travers la vois de l’enfant c’est que je ne porte pas de jugement.

Comment est venu ce lieu de la cote, ce chemin des douaniers, Roquebrune Cap-Martin ?
J’avais envie de quelque chose de lumineux. Il se trouve que Roquebrune je connaissais parce que j’y vais quasiment tous les ans pour le salon du livre début décembre. Mais je ne savais pas qu’il y avait un chemin des douaniers qui s’appelle la promenade du Corbusier maintenant. C’est un endroit incroyable, parce que dès qu’on y entre il y a la statut du Corbusier, on a vraiment l’impression que le temps s’est arrêté, on pourrait se croire dans les années 30-40 ans. Il y a d’un coté la mer méditerranée avec ce bleu très changeant selon le temps, les vagues magnifiques qui viennent s’échouer sur les rochers. C’est aussi un sentier qui n’arrête pas de tourner, de monter, de descendre, avec des pentes glissantes dès qu’il pleut, il faut passer sous des arbres penchés. C’est un vrai terrain de jeu pour les enfants.

Et puis de l’autre coté du chemin, il y a ces villas cachées par une végétation folle, ce sont des palais qui ont été construit sur la fin du XIXe, totalement inaccessible. C’est du reste à cette période que les riches propriétaires ont importes des plantes exotiques d’Amérique du Sud. Il y a des senteurs tout a fait particulières, une nature incroyablement luxuriante.

Le narrateur écrit un livre de vacances. As tu commencé d’écrire enfant toi aussi ?
Oui je tenais un journal dans lequel j’écrivais des choses dont je n’avais envie de parler à personne. J’avais trouvé une cachette formidable que mon père a découvert un jour malheureusement. Et le fait qu’il l’ait lu, m’a tellement tétanisé que j’ai brulé ce journal.
Apres j’ai commencé à écrire des nouvelles vers 12 ans.

Quel personnage a été le plus facile à écrire ?
Incontestablement Victor, le jeune narrateur.

Pourquoi des lucioles ?
Pour les enfants ca symbolise la magie. Quand j’étais petit ma grand-mère m’en avait fait découvrir. Ces petits insectes qu’on ne voit pas et qui scintillent, c’est une image magnifique. Pour un enfant c’est un signe de magie formidable. Je prends aussi la voix d’un enfant de neuf ans pour exprimer la poésie de la nature.

Si tu étais un souvenir ?
Je serais l’hôtel du Golfe à Puerto del alcudia où j’ai passé presque douze étés de suite.

Un lieu ?
Je serais au bord de la mer, de préférence au sud de la France, auprès d’une plage de sable.

Une chanson ?
Dans les moments de mélancolie je serais le rempart de Vanessa Paradis, et dans un moment de joie je serai Happy de Pharell Williams.

Un chanteur ?
Un chanteur qui fait danser les gens

Un film ?
La leçon de piano de Jane Campion.

Un acteur ?
Matt Damon

Un livre ?
Le prochain

Le prochain livre est en préparation ?
Oui tout à fait, je vais le commencer surement à la rentrée. Ca va me demander beaucoup de travail, il va se passer dans une maison de retraite et toujours à travers la voix d’un enfant.

L'été des Lucioles
Gilles PAris
Ed. Héloïse d'Ormesson
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Publié dans Romans, Interviews

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