A la rencontre de Sherry Craker et les sept voleurs

Publié le par Bouquiner.net

Sherry-Cracker.jpgD. J Connell revient avec son deuxième roman, toujours drôle, émouvant, excentrique. Elle y met en scène une jeune fille que tout le monde trouve un peu spéciale. Une espèce d’Amélie Poulin britannique qui vit dans son monde. Sauf que son patron, qui derrière un aspect un peu rigide n’est pas un mauvais bougre, lui demande de devenir normal. Elle part ainsi à la recherche de ceux qui vont pouvoir l’aider. Mais au hasard de ses rencontres elle va rencontrer soit des amis doit des gens peu scrupuleux.

Rencontre avec DJ Connell qui nous parle de son nouveau roman.

 

 

Un roman très agréable à lire, très optimiste avec un personnage principal un peu excentrique. Est-ce un livre qui vous correspond ?

Oui tout à fait, je me suis souvent dit que je ne suis peut être pas tout à fait normale (rire). J’ai toujours eu un problème avec la normalité. C’est quoi la normalité en fait ? J’ai eu une vie pas vraiment normale, j’ai vécu dans pas mal de pays sans trop me poser de questions. Je ne suis pas une route classique où tout est prévu. J’aime me laisser porter. Quand on vit une vie comme ça, on remarque très rapidement les autres personnes qui sont comme nous. Souvent ce sont des gens qui observent la vie, qui ont une vie intérieure très riche mais qui n’osent pas donner de leçons aux autres.

 

Sherry Craker c’est vous ?

Je ne peux pas dire que l’héroïne de Sherry Cracker et les sept voleurs c’est moi, mais je suis un peu en marge de la société dite normale. J’aime rencontrer des gens un peu différent, ils me donnent beaucoup. Ce sont souvent des artistes ou des écrivains ou des gens avec une émotivité à fleur de peau.

Ce type de personnalité me touche et m’intéresse beaucoup. Je parle souvent avec les gens dans la rue, dans les cafés et ça me nourrit pour mes livres

 

Y a-t-il quand même un peu de vous dans certaines situations, dans certaines répliques ?

Oui un peu. Il faut dire Que Sherry Craker est naïve. Elle est touchante parce qu’elle est naïve et ça c’est un de mes traits de caractères. Il m’arrive de voyager uniquement avec un sac à dos, quelques billets en poche et de partir à l’aventure. Si je pense à tous les risques qui peuvent se présenter à moi je ne ferrais jamais rien.

 

Sherry est un peu l’opposé de Julian Corkle le héros de votre premier livre. Sherry veut être normale alors que Julian voulait sortir de la réalité ?

Oui tout à fait ! Mais ils ont quelque chose en commun. Julian aussi étaitnaïf. Chaque fois qu’il rate quelque chose il arrange les affaires à sa sauce. Pour lui ce n’est pas de sa faute mais celle des autres. Elle, bien sur, est un peu spéciale. Elle ne juge jamais personne, elle regarde les gens autour d’elle mais elle n’a pas les mêmes filtres sociaux que nous, qui savons faire des petits mensonges pour nous aider à avancer dans le monde.

 

Est-ce que tu voulais sciemment faire l’inverse du précédent livre ?

Non en fait j’avais cette idée de livre en tête depuis pas mal de temps. Comme je le disais, dans ma vie j’ai rencontré des gens un peu comme Sherry, qui vivent dans leur monde. Je suis fascinée par les gens comme elle. J’espère que ca fait rire les gens avec beaucoup de second degré.

Je suis vraiment passionné par les gens comme elle, qui doivent se mélanger avec les gens d’une société dont ils ont une vision totalement différente.

 

Une belle brochette de personnage, une  grande galerie de portraits décalés, différents.

Oui c’est comme un road movie. Sur le chemin de sa vie, Sherry rencontre des gens différents. Des personnes mauvaises, mais aussi des personnes qui deviennent ses amis. Comme le personnage de Jocelyn qui est comme un philosophe gay, très gentil, ou encore comme le gamin Nigel dont on pense que c’est une racaille mais qui a bon fond.

C’est un roman, et donc pendant la narration elle apprend des choses, elle évolue un peu.

 

Entre ce roman et le premier est ce que votre manière d’écrire à changé ?

Oui un peu. J’avais un squelette que j’ai suivi mais la dernière partie de ce livre ne marchait pas. C’était trop surréel, ça ne faisait pas avancer l’histoire. Il a fallu la jeter et recommencer. J’ai ainsi créé une autre histoire où c’est plus Sherry qui cherche, où ça prend plus la forme d’une aventure.

Je suis toujours prête à changer les trucs qui ne marchent pas. La narration doit être forte, ce qui n’était pas le cas dans la première version. Il faut être brutal avec l’écriture.

 

Est-ce que vous connaissez le film Amelie Poulin qui nous fait beaucoup penser à Sherry Craker ?

Oui je l’ai vu et effectivement il y a des points communs mais dans Amélie Poulin, Il y a une romance, ce que je n’ai pas fait dans Sherry Craker et les sept voleurs.

Mais je pense qu’inconsciemment j’ai été influencé L’Etranger de Camus. Peut être que quand j’ai écris Sherry Cracker, j’étais en train d’avoir une crise existentielle. J’étais arrivée à un âge où on se demande qu’est ce qui a fait que je suis ce que je suis. Qu’elle est la signification de tout ça, qu’est ce que je fais de ma vie.

C’était un âge où j’étais un peu perdue. C’est un reflet de ce que je ressentais, l’impression de d’avoir oublié le sens de la vie.

 

Avant de fermer le livre qu’est ce que tu aimerais que le lecteur garde en tête. ?

L’espoir et aussi un peu de tolérance pour les gens à part.

Il est très important qu’on soit curieux de la vie. Vive la différence !

 

 

 

Sherry Craker et les septs voleurs

D.J. Connell

Ed. Belfond - 19,95€

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Publié dans Romans

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