Décès d’un des derniers monstre sacré de la littérature américaine

Publié le par Bouquiner.net

Gore-vidal-copie-1.jpgLe romancier Gore Vidal est décédé mardi 31 juillet à l'âge de 86 ans. Il était l’enfant terrible irrévérencieux de la littérature américaine. Moins connu en France il se signale par son goût de la provocation mais aussi une culture et une puissance de travail hors du commun

 

En 1948, il choque la critique américaine avec son troisième roman, "Un garçon près de la rivière", calme plaidoyer homosexuel. Le héros s'inspire d'un amour de jeunesse, Jimmy Trimble, tué dans le Pacifique alors qu'il était dans les Marines. Vidal, qui vivra en Italie avec Tennessee Williams et aura l'écrivain Jack Kerouac comme amant, s'insurge contre le conservatisme moral et sexuel. L'identité sexuelle sera à nouveau le thème de son roman "Myra Breckinridge" en 1968.

Il découvre Paris après la deuxième guerre mondiale. "La France fut, après la guerre, le centre de la civilisation", dit-il en 1999 "j'y ai alors vécu une période extraordinaire, en compagnie d'artistes comme Jean Cocteau, André Gide".

 

"Je fais tout ce qui m'amuse, mais, dans tous mes livres, la voix reste la même", insiste cet homme qui vivra 32 ans à Ravello (Italie), près de Naples, avant de regagner définitivement Los Angeles en 2005 pour raisons de santé.

 

Il a écrit 25 romans, inspirés de l'histoire et de la vie politique américaines ou satiriques ("Kalki", "Duluth"), une dizaine de volumes d'essais, des pièces de théâtre et des scénarios de film ("Soudain l'été dernier", "Ben-Hur"...). Son autobiographie, "Palimpseste" (1996), a été traduite en français en 2006.

 

Hostile à toute intervention américaine à l'étranger, il regrette même la participation des Etats-Unis à la seconde guerre mondiale, une position qui fait scandale. L'âge n'émousse pas sa combativité: à 81 ans, il critique férocement le président républicain George Bush, l'accusant d'être arrivé au pouvoir à la faveur d'une fraude électorale et lui reprochant d'agiter la menace terroriste après les attentats du 11-Septembre.

 

"A la fin de sa vie, M. Vidal (...) se tenait pour le dernier représentant d'une espèce, et il avait sans doute raison", note le New York Times dans sa nécrologie.

Publié dans Actu

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