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Faute de Preuves : L'interview d'Harlan Coben

Faute-de-preuves.gifOn ne présente plus Harlan Coben. Devenu une véritable Icône du polar il enchaine les succès les uns après les autres. « Ne le dis à personne », « Disparu à Jamais », « Sans un Mot », bref on en passe et des meilleurs. Un des meilleurs, justement, pourrait être son nouveau roman « Faute de preuves ». De passage à Paris, où il vient de recevoir la médaille de la ville, il se confie sur son dernier né.  

 

Un homme se fait arrêter pour pédophilie après avoir été piégé lors d’une émission de télé par une journaliste. Seulement, une fois l’accusation passée, cette dernière se demande si elle ne s’est pas acharnée contre un innocent. Manipulation, rédemption, accusation tout est abordé par le Maitre Coben.

 

 

Bouquiner.net :Dans « Faute de Preuves » vous abordez des thèmes difficile, la culpabilité, la pédophilie, la manipulation

Harlan Coben : Oui Le thème principal de ce nouveau livre parle de l’accusation et de ce que ça peut entrainer. Il y a une émission de télé-réalité aux Etats Unis, « Catch a predator », qui traque les pédophiles et les violeurs en tout genre. En regardant ce programme je me suis dis : Que se passerait-il si un des hommes qui était attrapé était un de mes amis, quelqu’un qui m’était cher, est-ce que je le jugerais immédiatement coupable ? Est ce que je le ferais sortir de ma vie tout de suite ? Et s’il était innocent ? Et si… Et si… Et si…. »

Car ce qui est courant, dans notre société, est de juger les gens coupables avant de se demander s’ils sont innocents.

En fait, Faute de Preuve est surtout un livre sur le pardon

 

 

Bouquiner : Internet a une grande place dans cette enquête comme vecteur de rumeur, d’intimidation. Quel crédit portez-vous sur ce qu’on peut y trouver ?

Harlan Coben : Fondamentalement guère que ce que quelqu’un peut vous dire dans la rue. Aujourd’hui les gens ont tendance à d’avantage croire ce qu’ils voient écris sur un écran.  La technologie décrite dans le livre n’est pas du tout imaginaire ou d’avant-garde, c’est celle qui fait partie intégrante de notre quotidien, de notre monde et qu’on connait tous.

Alors effectivement ca parle d’internet qui prend une place importante dans nos vie. Nier que c’est comme ça serait idiot. Je mets en avant les questions qui sont posées par la place des nouvelles technologies dans nos vies.

Je pense que ce qui a changé ce sont les instruments à partir desquels ont peut attraper les gens, pas les motivations.

Mais je ne donne pas de réponses, je souhaite que les lecteurs se fassent leurs propres réponses.

 

 

Bouquiner.net : Mais vous, avez-vous les réponses aux questions que vous vous posiez ?

Harlan Coben : Non. Je suis bon pour poser des questions mais par pour y répondre (rires). C’est le problème dans mes livres et dans ma vie. Je me demande toujours s’il faut pardonner ou non, s’il faut croire ou ne pas croire. C’est une qualité pour les livres et peut être un défaut pour mon quotidien. C’est pour ca que je n’aime pas prendre de postions très arrêtée.

 

 

Bouquiner.net : Avez-vous été victime de rumeurs sur internet ?

Harlan Coben : Non il y a eu des erreurs mais rien de très sérieux. Par exemple on a dit que j’ai changé mon nom, que mon vrai nom était Ellian cohen et que je n’aimais pas le fait d’être juif et que je voulais le cacher. En fait tout est parti d’un article qui disait que mon grand père s’appelait Ellian Cohen. Et plus tard mon père a changé Cohen en Coben. Voila comment une petite anecdote s’est déformé avec le téléphone arabe.

 

 

Bouquiner.net :Dans Faute de Preuves, On croise Will de la série des Myron Bolitar…

Harlan Coben : En fait les livres doivent aussi être distrayants, ce sont mes livres je peux y faire ce que je veux (rire) et j’aime bien faire des croisements, faire des clins d’œil à mon public et quelquefois fois ca fait complètement sens. Quand j’ai fait ce livre je pensais à Wendy, l’héroïne, à son monde et c’est venu comme quelque chose de naturel. Cette très belle femme journaliste cherchait des infos sur le monde de la finance, alors introduire Will m’est venu presque naturellement.

De la même manière, le personnage de l’avocate Hester Crimstein apparait dans tous mes livres. D’ailleurs dans l’adaptation cinéma de « Ne le dis personne » de Guillaume Canet , c’est Nathalie Baye qui jouait ce rôle.

 

 

Bouquiner.net : Vous pourriez en faire un personnage principal ?

Harlan Coben : Oui surement. Quand j’ai fini un livre, souvent j’ai le sentiment que je n’en ai pas fini avec un personnage. Le meilleur exemple est Bolitar puisque j’ai fait dix livres où il est le personnage principal.

 

 

Bouquiner.net : Le style Coben est devenu une référence...

Harlan Coben : Dan Brown dit que je suis le roi du hook and Twist (Amorcer et retourner) comme à la pèche. Surement parce que c’est un vieux copain d’Université ! Rire.

Mais il y a un peu de ça. L’amorçage c’est ce qu’on fait au début, et la fin c’est le retournement, commet vous vous êtes fait avoir. Comment je le fais ? Je ne sais pas. J’adore cet idée de retourner l’intrigue dans un sens et dans un autre. En tant que lecteur j’adore ca qu’on m’abuse qu’on me trompe.

Quand j’écris un livre, Je connais le début et la fin et le reste se fait tout seul. Je sais très peu de choses sur ce qui se passe au milieu. Je ne fais pas de plan, ça vient tout seul. Je sais, moi, ou s’arrête le voyage. Là je savais très bien ce qui arriverait aux personnages mais pas comment j’allais révéler ce qui allait se passer.

 

 

Bouquiner.net : Avez-vous conscience d’être devenu un modèle pour les écrivains de romans policiers français ?

Harlan Coben : Malheureusement ces auteurs ne sont pas traduits en Amérique. C’est injuste qu’il y ait tant d’auteurs américains qui soient traduit en Europe et que l’inverse ne se produise pas. Il y a eu une exception avec  Stieg Larson et j’espère que ca va déclencher une vague de traduction du polar européen. Je me souviens lors d’un de mes voyages en France pour un festival, d’avoir rencontré des auteurs français passionnants avec qui j’ai beaucoup aimé travailler, mais c’était terrible parce que je n’avais pas pu lire leurs livres alors qu’eux avaient lu les miens. Il faudrait que j’apprenne le français mais je ne suis plus tout jeune et je ne suis pas très doué pour les langues.

 

 

Bouquiner.net : Travaillez-vous sur votre prochain livre ?

Harlan Coben : ho, le prochain livre est plus pour les ados, c’est une idée de ma femme de faire un livre pour un jeune public. On y verra l’apparition du neveu de Myron Bolitar.

C’est quelque chose que j’ai toujours voulu faire. J’avais déjà parlé du frère de Myron Bolitar dans « Haute tension ». Et là Je révèle ce qui s’est passé entre Myron et son frère. Je fais apparaitre son neveu Mickey qui est une sorte de prolongation de son oncle. En tout cas il y fait beaucoup penser  mais il est beaucoup plus sombre que son oncle et surtout il le déteste.

C’est une suite des livres pour adultes qui est lu par les jeunes ; mais j’espère que les adultes vont aussi le lire.

 


Faute de preuve

Harlan Coben

Ed. Belfond - 20,90€

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