Interview - Six ans déjà d’Harlan Coben : les recettes d’un best-seller

Publié le par Bouquiner.net

Interview - Six ans déjà d’Harlan Coben : les recettes d’un best-seller

Harlan Coben sort son nouveau roman, Six ans déjà, où l’on retrouve tout ce qu’on aime chez ce roi du suspens : des rebondissements, un passé qui revient en pleine face et des faux semblants. L’histoire est celle d’un homme, Jake, qui assiste au mariage de la femme qu’il aime. Seulement ce n’est pas lui qui est au bras de la mariée. Pire elle lui demande de promettre de ne jamais la revoir et de la laisser tranquille. Six ans ont passé et Jake va être amené à rompre sa promesse et à découvrir que la vérité n’est pas celle qu’il croit.

Harlan Coben s’est confié à bouquiner.net.

Quel a été le point de départ de ce roman Six ans déjà ?

En fait j’écoutais des chansons tristes. En écoutant la musique j’ai imaginé la scène d’ouverture du livre avec ce mariage, cette femme qui est en train d’épouser un autre homme que celui qui est dans le fond de l’église et qui l’aime. Je me suis demandé ce que je pouvais faire de cette scène d’ouverture et puis m’est venu l’idée d’une promesse qui serait de ne pas se revoir, et que le héros aurait tenu cette promesse même si elle est extrêmement dure à tenir et très déchirante. Après j’ai construit l’histoire petit à petit et je me suis mis à travailler.

Comme souvent quand j’écris mes livres je connais le début et la fin, mais entre les deux je laisse l’inspiration faire son travail.

Justement comme dans tous vos livres, il y a énormément de rebondissements, vous ne nous emmenez jamais là où on croit aller, comment vous y prenez vous ?

S’il y a une formule toute prête, je ne la connais pas. Moi je raconte des histoires et j’aime le suspense. J’aime qu’il y ait une interrogation, un suspens à chaque paragraphe, si je m’écoutais j’en mettrais après chaque mot. En fait ça se fait naturellement dans le processus de l’écriture. Je me dis que si j’en étais conscient, j’aurais l’impression d’être dans la manipulation et c’est quelque chose que je n’aime pas dans un livre. Il faut être spontané. Quand l’auteur vous dit que la porte s’ouvre et qu’il n’y a rien derrière c’est très frustrant. Avec moi quand la porte s’ouvre vous pouvez être sûr qu’il va se passer quelque chose. Mais je n’ai pas une recette qui va dire c’est à ce moment la que doit se passer quelque chose. Ca s’inscrit dans un processus assez naturel.

Comment faites vous pour vous renouveler roman après roman tout en gardant les mêmes codes narratifs qui sont devenus votre signature comme les disparations inexpliquées, ou le passé qui ressurgit plusieurs années plus tard ?

Si on prend Agatha Christie, elle a toujours écrit des histoires de meurtre, si on prend Philp Roth il écrit toujours autour de l’histoire juive.

Mais en même temps si on prend tous mes romans, on se rend compte qu’il m’arrive de me diversifier. Par exemple « Perdue de vue » était plutôt une histoire terroriste. Les histoires de Myron Bolitar ne sont pas seulement des histoires policières. En tout je crois que j’ai écris 26 livres, il n’y a pas un thème que je n’ai pas abordé, il n’y a pas un type d’action délictueuse que je n’ai pas évoqué.

En fait j’arrive à me renouveler à travers mes personnages et les lieux où se déroulent les intrigues. Par exemple dans « 6 ans déjà » Jake est un bel homme, enseignant sur un campus, ce n’est pas un enquêteur professionnel. Dans le roman qui sortira l’année prochaine en France, qui s’appelle « Missing you », le personnage principale est une héroïne, elle est officier de police et ça se passe à Manhattan.

Il y a des types de personnages que vous affectionnez particulièrement, par exemple un des personnages de ce roman, Benedict, fait penser à Win dans la série des Bolitar. Est ce que vous avez une galerie de personnages que vous avez en tête et que vous insérez au fur et à mesure de vos livres ?

Non en fait ça vient avec les romans que je suis en train d’écrire. D’ailleurs pour Benedict, j’ignorai son existence jusqu'à ce qu’il ouvre la porte de Jake, le héros principal. J’écrivais et tout d’un coup il est arrivé. Ca arrive souvent comme ça avec moi.

Lorsque j’écrivais le premier des Bolitar, j’avais imaginé Big Cindy (une catcheuse obese qui est devenu l’assistante de Bolitar ndlr) mais mon premier agent à l’époque m’avait dit que ce n’était pas possible de mettre un personnage comme ca, qu’il fallait une fille sexy. Mais comme elle trottait encore dans ma tête, elle a fait son apparition dans le troisième livre de la série Bolitar.

Vous êtes un auteur prolifique, publiez-vous tout ce que vous écrivez ?

Les tous premiers livres que j’ai écrit sont encore dans mes placards. Il y en a deux qui ont été publiés une fois que je suis devenu célèbre, mais j’avais quelques réticences. J’ai fini par accepter à condition de bien indiquer au lecteur en préambule que ce sont des livres de jeunesse, donc lisez les si vous avez lu tout le reste. On ne sait jamais comment un livre va être reçu. Rien de ce que je n’ai écrit récemment n’a pas été publié. Quand j’écris je passe plusieurs mois à faire tout un travail de planification précis et, à une exception, tout mon travail a été mené à son terme.

A quel moment vous dites vous que votre livre est réussi.

Je ne sais pas. Une fois qu’un livre est terminé, pendant un jour ou deux je veux encore écrire mais une voix dans ma tête me dit stop et c’est bien comme ça. Apres je ne suis pas inquiet que le premier jet soit bon ou pas. Ce n’est pas ça qui m’inquiète. Ce qui me préoccupe c’est que le résultat final soit bon. C’est comme dans les mines de diamants. Quand on creuse on trouve des pierres bruts, pleines de poussières, parfois moches, et petit à petit c’est le travail sur cette pierre qui va faire qu’à un certain moment elle sera suffisamment belle pour être portée. Ca ne peut pas fonctionner pour les gens qui pensent que dès qu’ils vont faire des travaux de forage ils vont trouver des diamants bien taillé. J’espère que mon travail sur ce livre plaira aux lecteurs.

Six ans déjà

Harlan Coben

Ed. Belfond

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