La suite des aventures d’Elliet Abecassis : Et te voici permise à tout homme

Publié le par Bouquiner.net

Et-te-voici-permise-a-tout-home.jpgL’année dernière Elliet Abecassis racontait à mots couverts son divorce dans son roman Une affaire conjugale. Cette année, dans Et te voici permise à tout homme, on a droit à la suite de ses aventures : comment divorcer dans la religion juive.  

 

La trame de ce nouveau roman d’Elliet Abecassis est relativement simple : une jeune femme juive tombe amoureuse d’un homme plus âgé qu’elle, qui représente l’idéal masculin. Ils vont avoir une relation amoureuse mais qui restera platonique parce que si elle est divorcée civilement elle n’est pas séparée religieusement, or elle est très  attachée à ses traditions juives. Le livre met en lumière que le divorce est une affaire d’homme dans le judaïsme,  car en marge des lois civiles, dans le domaine religieux, l’homme peut refuser de divorcer. Et s’il refuse, il ligote la femme et l’empêche de vivre pleinement.

 

L’héroïne d’Elliet Abecassiss va se révolter mais elle vit mal sa propre révolte, car elle se  rend compte que son éducation religieuse fait qu’elle ne peut pas tout lâcher. Sa religion est ce qui la constitue intérieurement. Elle vit donc un véritable déchirement entre cet amour immense qu’elle porte à cet homme et son attachement à la religion.

C’est contre ca qu’Elliet Abecassis se rebelle et c’est ça qu’il faut s’attacher à lire dans ce livre plus que l’histoire d’Anna. Comme souvent dans les romans d’Elliet Abecassis, on a un peu l’impression d’être avec une bonne copine qui nous raconte sa vie.

 

Alors oui c’est bien écrit, le style est impeccable, sauf qu’Elliet n’est pas notre amie, et que sa vie on s’en fout un peu. Par contre son combat, celui de la position de la femme est intéressant.

 

Elle met en avant la répudation de la femme dans le divorce, ce qui est nommé le guet  dans la religion juive, et c’est quelque chose qui est confisqué par les hommes.

Alors on découvre des choses incroyables, l’objet d’un chantage affectif et financier. Car le mari n’hésite pas à demande un partage  à son avantage des biens du couple en échange de promesses qu’il ne tiendra jamais. 

Elliet Abecassis dresse aussi le portrait de rabbins d’une lâcheté  incroyable et met en avant la solidarité masculine qui l’emporte sur tout le reste.

 

Dans Et te voici permise à toute homme,  on a une femme qui est profondément  juive croyante et pratiquante qui se rend compte que cette loi qui régie la séparation dans un couple, telle qu’elle est appliquée, n’est pas dans l’esprit du judaïsme. Car ce n’est pas une attaque en règle de la religion à laquelle s’attaque Elliet Abecassis, c’est la manière dont elle est mise en œuvre par le genre masculin.

 

D’ailleurs dans le livre il a aussi des rabbins extraordinaires et des femmes spécialistes de la loi juive. Et on se rend compte que la foi juive est bien plus permissive qu’on ne le croit. Elle va se libérer de la loi par loi, avec une connaissance très pointue des textes.

 

C’est une critique de la religion faite avec amour avec une plongée dans l’intimité d’une religion et d’une culture où Elliet va chercher ce qui ne va pas où ce qui va.

 

Plus que tout, c’est plus une critique sur la façon dont certains hommes propagent le judaïsme. 


Pour bien être dans l'ambiance voici quelques musiques à écouter pendant votre lecture:

http://www.deezer.com/listen-3142821

http://www.deezer.com/listen-4244739


 

Et te voici permise à tout homme

Elliet Abecassis

Ed. Albin Michel - 16,15€

Acheter ce livre

 

Publié dans Romans

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Bénédicte Blon 28/09/2011 11:46



Je n'ai pas (encore) lu ce livre, mais parcouru plusieurs articles le concernant qui m'ont apprise l'existence de ce "guet" dont j'ai été passablement éffarée, il me faut donc creuser le sujet
avec cet ouvrage.


Ce qui m'évoque un article dans le dernier Causette lu ce matin sur ses maris anglais qui du XVIIème au XXème vendaient au plus offrant leurs épouses dont ils ne voulaient plus....


Par contre, l'ambiance dans laquelle me plonge le morceau que tu as sélectionné se résume à aller me pendre, du coup j'hésite à acheter le bouquin................!!


 


Bonne journée,


 


Bénédicte