La contre critique de l'Art Français de la Guerre d'Alexis Jenni, Goncourt 2011

Publié le par Bouquiner.net

L-art-francais-de-la-guerre.jpgLes jurés du Goncourt ont rendu leur verdict et c’est Alexis Jenni qui remporte le prix Goncourt 2011 avec L'art français de la guerre, édité chez Gallimard. Avec 5 voies contre 3 dès le premier tour, il devance Carole Martinez avec « Du Domaine des Murmures ».

 

Cette victoire n’est pas vraiment une surprise. Toute l’intelligentsia littéraire le donnait grand favoris d’une part, et c’est aussi un beau cadeau pour les éditions Gallimard qui fêtent leur 100 ans cette année.

 

Pourtant rien de vraiment bluffant dans ce livre.


L’art Français de la guerre est l’histoire d’un type, jeune, un peu raté, plus ou moins alcoolique, qui enchaine les faux arrêts maladies jusqu’au jour où il se fait virer par son nouveau boss, qui fait l’amour sa copine mais qui n’aime pas vraiment ça, bref un type qui se laisser porter par la vie. Et puis un jour au détour d’une de ses balades dans un troquet, il rencontre un vieux combattant, qui a fait toutes les guerres, qui a torturé, tué,  sauté en parachute. Cet ancien combattant va lui dérouler presque quarante ans d’histoire française vues à travers le prisme de la guerre.


Ca se veut un roman qui va expliquer pourquoi la France va mal, pourquoi elle a des ambitions qu’elle ne mérite pas d’avoir, pourquoi les français rêvent sans arrêt de grandes valeurs nationales… tout ça sur plus de 600 pages.

 

Avec ce genre de livre, la lecture devient un vrai sacerdoce. On commence par exemple avec la seconde guerre mondiale et une comparaison douteuse entre une scène ou un type se fait tuer par la gestapo et une scène de nos jours où un jeune se fait attraper par la BAC de manière assez violente. Il en ressort une espèce d’interrogation prétentieuse  qui peut être perçue comme hautaine, donneuse de leçons, alambiquée, pas loin de la masturbation intellectuelle.


Mais il en faut pour tous les gouts.


Au pas de la porte du restaurant Chez Drouant lieu mythique où l’académie Goncourt se réuni pour délibérer (autour d’un bon repas au passage) et annoncer le lauréat, les jurés se sont auto-féclicités de leur choix.

Pour Bernard Pivot « C'est le roman qui nous a semblé le plus intéressant, le plus novateur, et le plus excitant » tandis qu’Edmonde Charles Roux ne cache pas sa joie « Je suis enchantée car c'était mon livre préféré ».

 

Alexis Jenni, le lauréat, avoue quant à lui qu’il se considérait jusqu'ici comme "un écrivain du dimanche". 

 

 

L'Art Français de la Guerre

Alexis Jenni

Ed. Gallimard - 19,95€

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Publié dans Actu

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Blanchet 13/03/2012 19:47


..."voix" conviendrait mieux que "voies", qu'en dites-vous?