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Le rêve de la montagne d’or, Interview de l’auteur, Ling Zhang

le-reve-de-la-montagne-d-or.jpgAu début du siècle des milliers de chinois ont quitté la chine pour émigrer en Amérique du nord. Ling Zhang s’est penchée sur  l’histoire de ces premiers colons et de leur famille. Une grande fresque historique passionnante, intrigante qui nous embraque comme ça d’un coup, sans prévenir. Pour un peu on ferait presque  partie de la famille.

 

 

Comment vous est venue l’idée de cette grande fresque ?

L’idée de faire ce livre m’est venue en 1986 l’année où je suis arrivée au canada. Un jour d’automne où je me promenais avec des amis, nous avons découvert des pierres tombales à l’abandon. J’ai retiré les mauvaises herbes pour y lire les inscriptions et j’ai réalisé que ces personnes étaient mortes très jeunes à peine 20 ans. J’ai très vite compris qu’il s’agissait des premiers colons chinois au canada. Or, en chine la tradition veut qu’on ramène les restes des défunts auprès des leur famille. Je me suis donc demandé si les familles ont jamais su qu’ils étaient morts si jeune ? Je me suis alors interrogée sur l’histoire de ces gens.

 

Cela vous a-t-il renvoyé à l’histoire de votre propre famille ?

Non ce n’est pas une histoire personnelle, parce que je suis la seule personne de ma famille à avoir quitté la chine.  Mais dans un sens plus large, c’est plus pour nos pères que j’ai fait cela. Et j’irai plus loin en disant que ce n’est pas seulement pour les chinois ayant émigrés en Amérique du nord, mais aussi pour se pencher sur les valeurs des premiers émigrants en général, de quelques pays que ce soit.

Le XIX siècle a été le siècle de le ‘immigration, de nouveaux mondes s’ouvraient et allaient se construire, comme l’Amérique du nord, la Nouvelle-Zélande, l’Australie.

Tout ces gens ont eu une vie très difficile. Ils ont fait tellement de sacrifices pour que leurs enfants aient un meilleur futur possible que j’ai voulu leur rendre hommage et qu’on se souvienne de leur histoire.

 

Est-ce pour cela que vous avez adopté un style à la fois occidentale mais aussi emprunt du classicisme chinois ?

Cela vient de mes influences. J’ai fait des études de littérature anglaises. J’ai beaucoup lu Charles Dickens, Thomas Hardy, Georges Eliot. J’ai aussi lu des auteurs français comme Maupassant, Victor Hugo ou Balzac. Et dans le moderne j’ai une profonde admiration pour Le Clézio.

J’aime beaucoup ce qu’il fait et j’ai une admiration pour son œuvre. Surement parce que son background est un peu similaire au mien.

Après avoir beaucoup voyagé, il s’est finalement fixé en France. De mon coté j’ai vécu dans beaucoup d’endroit différents en chine entre Shanghai et Pékin. Puis je me suis fixé au canada. Là, je me suis retourné vers mon passé, mon enfance, ma famille. C’est typiquement la théorie de Le Clézio du retour aux origines.

Et cette expérience ma donnée une nouvelle vision, une vision différente de la vie. J’ai apprécié différemment tout ce que j’ai pu lire dans ma jeunesse et je me suis rendu compte que cela m’avait vraiment influencé. Je n’avais pas beaucoup d’expérience dans la littérature moderne, j’ai surtout lu des grands classique très traditionnelles mais je n’ai pas douté de mes personnages, je voulais vraiment écrire une bonne histoire.

 

C’est un roman dont l’écriture emprunte beaucoup aux styles traditionnels chinois où il est naturel de décrire les sentiments des personnages par leurs manifestations physiques. Il n’est pas rare de voir un personnage s’uriner dessus, éructer, toutes choses de la sorte.  C’est un style facile à prendre pour vous ?

Pas du tout. Dans mes précédents romans, les personnages principaux étaient des femmes. Tandis que dans celui-ci, c’est un homme.  Et pour un auteur féminin comme moi c’est difficile de se mettre à la place d’un homme et qui plus est d’un homme de cette époque là. Et dans mon ca , je n’ai pas seulement décris un homme mais une classe entière, ceux du bas de l’échelle. Leurs expressions, la façon dont ils vivaient, dont ils étaient si loin de moi. Donc me mettre à leur place, utiliser leur langage, n’était pas gagné d’avance. Mais mes lecteurs m’ont dit que c’était plutôt réussi.

 

Dans le livre, Amy découvre l’histoire de sa famille, une histoire dont elle ne s’était jamais soucié. Pensez vous que la chine moderne oublie ses racines, perd le lien avec le passé ?

Cela n’arrive malheureusement pas que chez les chinois. C’est le monde entier qui oublie, les nouvelles générations  avancent sans retourner. Mais la tradition chinoise est très orientée vers la famille. En général ils veulent revenir à leurs valeurs.

 

Il ya beaucoup de personnages dans ce livre qui court sur presqu’un siècle. Quel est celui qui est le plus proche de vous ?

Sans hésiter, c’est Six-Doigts, car j’y ai mis beaucoup de la personnalité de ma grand-mère, qui était un peu une féministe avant l’heure.

 

Quand vous avez commencé ce livre, saviez-vous comment il a allait se terminer ?

Non pas du tout. J’avais une structure de base, mais c’est comme si j’avais perdu le contrôle au long de l’écriture. Et je suis assez fier du résultat final.

 

 

Le rêve de la montagne d'or

Ling Zhang

Ed. Belfond - 20,90€

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