Quand l’Amérique découvre le Nazisme…

Publié le par Bouquiner.net

Quand l’Amérique découvre le Nazisme…

Un livre exceptionnel. « Dans le jardin de la bête » d’Erik Larson retrace l’avènement du nazisme et l’arrivée au pouvoir d’Adolf Hitler en 1933 à travers la vie de l’Ambassadeur des Etats Unis nommé à Berlin. On pourrait croire à un thriller mais si Erik Larson a su utiliser tous les codes du roman tout ce qui est raconté est vrai, rien n’est inventé.

En 1933, Hitler accède au poste de Chancelier allemand et le régime Nazi s’installe au pouvoir. La même année, Franklin D. Roosevelt nomme William E. Dodd comme nouvel ambassadeur en Allemagne. Cet universitaire, dont le but ultime est d’écrire un traité sur le vieux sud des Etats-Unis, n’as pas le profil d’un diplomate. S’il est nommé, c’est parce ce qu’il a fait ses études à Berlin et que personne ne veut du poste.

Il faut bien comprendre qu’à l’époque, l’objectif premier des Etats Unis était que l’Allemagne rembourse les prêts astronomiques contractés auprès des banques américaines. Les préoccupations sur la montée du nazisme ne passaient qu’au second plan.

Quand Dodd débarque à Berlin avec sa femme, son fils et sa fille, Hitler vient juste d’arriver au pouvoir et la communauté internationale doute qu’il y restera.

Dans un premier temps le nouvel ambassadeur ne prend pas du tout la mesure du danger que représente le nazisme. Martha, sa fille, semble même séduite par ce nouveau régime promettant la paix en Europe et la fin du chômage. Elle va même jusqu'à avoir des aventures avec des hauts dignitaires nazis.

Puis au fur et à mesure Dodd est confronté au début de l'extermination des juifs, à la vie quotidienne des berlinois, ponctuée de violences, de privations, d’exécutions sommaires avec comme point d’orgue la nuit des longs couteaux.

La vision de Dodd après 4 ans passés en Allemagne va drastiquement changer. Mais quand il dénonce les dérives d’Hitler à son gouvernement, il va se heurter à une Amérique repliée sur elle-même ne voulant pas intervenir, doutant même de la véracité des propos de son ambassadeur.

William E. Dodd est calme, réfléchit, modeste, il tranche avec le milieu diplomatique américain de l’époque et compte bien imposer un train de vie modeste à son ambassade. Ce qui n’est pas du gout de ses supérieurs qui pensent que tout diplomate doit être auréolé d’un certain prestige. Son austérité sera un de ses points faible et aura pour conséquences qu’il ne sera pas pris aux sérieux et sera même dénigré par le ministère des affaires étrangères américain.

Ce roman historico réel rappelle comment un régime totalitaire et xénophobe a pu s’imposer légalement dans un pays démocratique, aux vus et aux sus de la communauté internationale. Il retrace pas à pas les méthodes Hitlérienne d’intimidation et de propagande.

Avec un peu de recul, il est étrange de trouver un certain écho de ces méthodes dans un parti politique français qui prône le culte du chef, le rejet des instances européennes, le retour à une ancienne monnaie, la théorie du complot contre notre pays où encore la stigmatisation d’une communauté. Heureusement, les milices armées ne sont pas autorisés en France comme elles l’étaient dans la l’Allemagne des années 30.

A bouquiner en écoutant :

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Dans le jardin de la bête

Erik Larson

Ed. Cherche Midi - 19,95
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Publié dans Romans

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