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Salman Rushdie : sa vie pendant la fatwa

Jospeh-Anton.jpgEn 1989, l'ayatollah Khomeiny déclarait le roman de Salman Rushdie, "Les versets sataniques", offensant pour l'islam et émettait une fatwa contre l'auteur, le condamnant à mort. Pendant neuf ans, Salman Rushdie a vécu dans l'ombre de son assassinat, privés de la liberté de vivre une vie ordinaire. Avec "Joseph Anton," son nouveau livre, Rushdie raconte ses années vécus dans la clandestinité.

Le livre commence le 14 février 1989, quand Khomeiny déclare que l'auteur des Versets Sataniques est condamné à mort et que tous les musulmans, où qu'ils se trouvent, doivent l'exécuter. C’est un récit poignant où dès les premières pages, Rushdie suggère que son histoire était une escarmouche dans la lutte contre l'islam radical et une sorte de prologue au 11 septembre. Il la compare au premier oiseau qui apparaît dans le film d'Hitchcock "Les Oiseaux", un signe avant-coureur.


Le titre, Joseph Anton, provient du faux nom qu’il a du prendre. Joseph vient de Joseph Conrad un écrivain qui faisait dire à un de ses personnage : "Je dois vivre jusqu'à ce que je meure, n'est-ce pas ?", et Anton parce que c’était le prénom de Tchekhov. Les agents de protection qui lui sont attribués vont très vite l'appeler «Joe», une abréviation, qu'il s’est mis à détester.


Pour donner de la distance à son récit et se décrire lucidement, Rushdie a choisi d’écrire à la troisième personne, ce qui donne à ce livre une lecture romanesque.
Car tous les actes de la vie ordinaire ont pris des accents de film d’espionnage. Une banale promenade devient une expédition commando, il doit se cacher dans la salle de bain verrouillée à clef à chaque fois qu'une femme de ménage vient nettoyer sa chambre.
Autre détail de la vie sous protection rapprochée, ses agents de sécurité lui ont appris le protocole pour bien entrer dans une pièce : Avoir une vision d’ensemble de la scène et identifier immédiatement toutes les sorties disponibles.
Lors d’une visite à New York Salman Rushdie a été installé dans la suite présidentielle d'un hôtel où il y avait des matelas pare-balles rembourrés couvrant toutes les fenêtres et deux douzaines d'hommes équipés de gigantesques armes de science-fiction disséminées à travers la chambre.


Inutile de dire que ces circonstances l’ont sérieusement handicapé et que cela a perturbé sa capacité à écrire.
Mais Salman Rushdie est convaincu que tout cela va au delà de son livre. Il s'agit de l'ère de la peur et d'autocensure que la fatwa a fait naître. Il faut défendre la littérature, qui "a encouragé la compréhension, la sympathie et l'identification à un moment où tout le monde monde poussait tout le monde dans la direction opposée, vers l’étroitesse, le sectarisme, le tribalisme, le sectarisme et la guerre."
Salman Rushdie veut se battre pour "la liberté d'expression, la liberté de l'imagination, de la peur, et de l'art antique de la narration, dont il a eu le privilège d'être un pratiquant."

La veille de la publication de son livre, la fondation iranienne du 15 khordad vient de rajouter 500.000 dollars à la récompense qui attend celui qui tuera Salman Rushdie.

 

 

Joseph Anton

Salman Rushdie

Ed. Plon - 22,80€

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